Conserver un peptide
Les températures, les durées et les signes de dégradation : avant ouverture, après reconstitution, et pourquoi les cycles de congélation comptent plus que le froid.
Un peptide se conserve selon deux régimes très différents, et le passage de l'un à l'autre est la reconstitution. Sec et scellé, il se compte en années ; en solution, il se compte en semaines.
Comment conserver un flacon lyophilisé non ouvert ?
Un flacon lyophilisé scellé se conserve au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C, à l'abri de la lumière. Sous forme sèche, les voies de dégradation sont largement à l'arrêt, ce qui donne une stabilité qui se mesure en années plutôt qu'en mois.
Pour un stock prolongé, −20 °C convient également. Le gain par rapport au réfrigérateur est réel mais modeste sur un lyophilisat correctement scellé, et il n'a d'intérêt que si le flacon n'est pas destiné à être ouvert avant longtemps.
Sortez le flacon du froid avant de l'ouvrir et laissez-le revenir à température ambiante encore fermé. Ouvrir un flacon froid fait condenser l'humidité de l'air à l'intérieur, et l'humidité est précisément ce que la lyophilisation a servi à retirer.
Combien de temps se garde une solution reconstituée ?
Une solution reconstituée se garde quelques semaines au réfrigérateur, entre 2 et 8 °C, jamais à température ambiante. En solution, l'hydrolyse et l'oxydation redeviennent possibles, et c'est ce qui ramène la durée de conservation de plusieurs années à quelques semaines.
La durée exacte dépend du composé, de la concentration et de la rigueur des prélèvements. Elle n'est pas une date imprimée mais un ordre de grandeur, et le nombre de perforations du septum compte autant que le temps écoulé.
La lumière compte aussi : gardez le flacon dans son étui ou dans un contenant opaque. La porte du réfrigérateur est le plus mauvais emplacement, parce que c'est l'endroit qui subit le plus de variations de température.
Peut-on congeler une solution reconstituée ?
Oui, mais le risque n'est pas le froid, ce sont les cycles. Chaque congélation et décongélation successive abîme davantage le peptide que le séjour au congélateur lui-même, parce que la formation et la fonte des cristaux de glace sollicitent la molécule à chaque passage.
D'où la pratique de l'aliquotage : répartir la solution en petites fractions avant congélation permet de n'en décongeler qu'une à la fois, au lieu de faire subir le cycle à l'ensemble à chaque prélèvement. Un aliquot décongelé ne se recongèle pas.
Deux formats échappent à cette question et pour une bonne raison : un stylo prérempli ou un spray nasal congelé se jette, le gel dérèglant le mécanisme de dosage ou la pompe. Des gélules ne se conservent pas au froid du tout : elles restent au sec, à température ambiante, flacon fermé avec son dessiccant.
Un colis expédié sans glace pose-t-il un problème ?
Non : un lyophilisat scellé supporte sans dommage les quelques jours à température ambiante que dure un transport. C'est l'une des raisons pour lesquelles les peptides sont expédiés secs plutôt qu'en solution.
La stabilité d'un lyophilisat se dégrade par exposition prolongée, pas par un écart de quelques jours. Mettez le flacon au réfrigérateur à réception et la chaîne reprend là où elle s'était interrompue. Nos envois partent de France, avec un délai de transit de deux à quatre jours.
À quoi reconnaît-on un peptide dégradé ?
Les signes sont visuels et tiennent en quatre points : un trouble ou des particules dans une solution qui devrait être limpide, un dépôt qui ne se redissout pas, un changement de couleur, et un lyophilisat qui a pris une apparence collante ou agglomérée au lieu de rester une poudre ou un film sec.
Aucun de ces signes ne se corrige. Ils indiquent que la molécule n'est plus celle du départ, et un flacon dans cet état se jette.
L'inverse n'est pas vrai pour autant : une solution limpide n'est pas une preuve d'intégrité, parce que la dégradation chimique précède le signe visible. Seule une analyse le dirait, ce qui est le rôle du certificat d'analyse au départ, et la raison pour laquelle les durées ci-dessus sont des limites à respecter plutôt que des seuils à tester.
Produits destinés exclusivement à la recherche in vitro et à un usage en laboratoire. Ne sont pas des médicaments, ne sont pas des compléments alimentaires, et ne sont destinés ni à l'usage humain ni à l'usage vétérinaire.